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Pourquoi nous ne regardons plus vraiment les graphiques ?

  • Photo du rédacteur: marthe viallet
    marthe viallet
  • 25 févr.
  • 3 min de lecture

Standardisation, surcharge informationnelle et fatigue visuelle en data visualisation.



La standardisation de la data visualisation produit de l’indifférence

Commençons par un chiffre : 3,5 secondes. C’est le temps moyen d’attention qu’un panneau publicitaire reçoit dans la rue, selon une étude menée par JCDecaux à Strasbourg.

3,5 secondes. C’est dans ce contexte que nous produisons aujourd’hui des graphiques.



 3,5 secondes. C’est le temps moyen d’attention qu’un panneau publicitaire reçoit dans la rue,
© Marthe Viallet, 2025

La surcharge informationnelle

Nous vivons dans une ère de surinformation où les flux d’images, de chiffres et de messages se succèdent à une vitesse telle qu’il devient impossible de tout voir, tout traiter, tout analyser. Cette saturation ne concerne pas uniquement les consommateurs dans l’espace public ; elle traverse également le monde du travail, où les rapports, tableaux de bord et présentations s’accumulent sans que la disponibilité, elle, n’augmente.


Le temps et l’attention sont devenus des ressources rares. Les publicitaires en ont pleinement conscience et redoublent d’ingéniosité pour capter le regard et le retenir quelques secondes de plus.


Dans l’écosystème actuel de la donnée, pourtant, nous continuons souvent à produire des visualisations comme si l’attention était illimitée, comme si la simple transformation d’un tableur en graphique suffisait à garantir compréhension et engagement.

Le déluge des graphiques

Les masses de données produites aujourd’hui sont devenues difficiles à appréhender, parfois même indigestes. Nous avons remplacé les tableurs par des graphiques, pensant avoir franchi un cap décisif vers la lisibilité. Pourtant, l’accumulation de diagrammes, de courbes et de camemberts ne suffit plus à donner du sens aux volumes croissants d’information.


Personne ne se réjouit à l’idée de passer trois heures face à des centaines de visualisations successives. Même lorsque le choix du graphique est pertinent et l’outil performant, l’objectif peut être manqué. La justesse technique ne garantit ni l’attention ni la compréhension.


Un logiciel ne sait pas quelle histoire raconter avec les données, ni quels choix de hiérarchie ou de mise en forme opérer. Il ne peut anticiper le niveau de disponibilité d’un public souvent pressé, parfois distrait. Autrement dit, l’outil ne fait ni le data analyste, ni le data designer, ni le data journaliste.


La banalisation des formes

On doit s’attaquer au fait que de nombreux graphiques se ressemblent exactement, au point qu’il faille lire le titre ou la légende pour comprendre de quoi il s’agit… si tant est qu’ils soient présents.


Visuellement, l’impact est faible : les formes se répètent, les images deviennent interchangeables. En effet, le regard identifie un schéma familier, mais n’entre pas nécessairement dans l’analyse. La répétition visuelle finit par produire un effet négatif : plus il y a de graphiques, moins ils retiennent l’attention.


À force d’exposition aux mêmes formats, nous devenons engourdis. Combien de fois avons-nous “zappé” la lecture de graphiques pourtant bien conçus ? Paradoxalement, un article de presse bien rédigé permet parfois de mieux comprendre un sujet qu’une succession de graphiques.


© Marthe Viallet, 2025
© Marthe Viallet, 2025

Une forme devenue réflexe

Le graphique est devenu le langage quotidien de l’information chiffrée. Mais, pour des publics très différents - lecteurs d’un quotidien, décideurs, lecteurs d’une revue financière ou professionnels du domaine scientifique - il se présente souvent comme une succession de barres, de courbes, de jauges et de camemberts peu engageants.


La question n’est pas celle de la capacité à comprendre. Si l’on prend le temps, la plupart des graphiques sont lisibles. Le problème est ailleurs.


Avant même d’être incompréhensible, la visualisation peut être rebutante. Elle ne donne pas envie d’entrer dans l’analyse, n’arrête pas le regard, ne suscite ni curiosité ni engagement. Dans un contexte où l’attention est limitée, ce manque d’attractivité devient déterminant.


Trop de formes standardisées, pas assez de hiérarchie, pas assez d’intention : la visualisation brute, sans véritable travail de design, peut devenir indigeste. Elle laisse peu d’empreinte et participe à une fatigue visuelle plus large.


Repenser la visualisation des données comme langage

Ce n’est pas un désamour de la data visualisation. C’est un besoin de repenser ce qu’elle peut réellement offrir. À l’ère de l’inattention, la visualisation ne peut plus se contenter de chiffres mis en forme selon des conventions répétées. Elle ne peut plus être seulement correcte. Elle doit être signifiante.


Cela suppose d’accepter une chose simple : Il n’existe pas une seule manière de donner forme à la donnée. Certaines situations appellent des visualisations analytiques. D’autres exigent une narration. D’autres encore nécessitent une mise en espace, une matérialité, une expérience.


© Marthe Viallet, 2025
© Marthe Viallet, 2025
La pluralité des formes n’est pas un effet de mode. Elle devient une nécessité cognitive.

C’est peut-être là que commence une nouvelle phase pour la data visualisation : non plus comme simple outil technique, mais comme langage à part entière.




Cet article prolonge des réflexions développées depuis plusieurs années dans le cadre de conférences et d’échanges professionnels autour de la data visualisation. Il s’inscrit dans une observation continue des pratiques actuelles et de leurs évolutions.



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